25/03/2026
Ces dernières années, plusieurs affaires ont mis en évidence une tension croissante entre assureurs et entreprises assurées. En cause : l’utilisation de clauses d’exclusion liées aux “actes de guerre”, que certains assureurs invoquent pour refuser l’indemnisation de cyberattaques lorsqu’elles sont suspectées d’être liées à des États ou à des groupes soutenus par des États.
Ce type de clause, historiquement conçu pour des conflits armés classiques, se retrouve aujourd’hui appliqué à des situations beaucoup plus difficiles à interpréter. Contrairement à un événement physique, l’attribution d’une cyberattaque repose sur des analyses techniques et des probabilités, rarement sur des certitudes. Cela ouvre la voie à des contestations, comme l’ont montré plusieurs litiges impliquant de grandes entreprises internationales.
Pour les assureurs, l’enjeu est de limiter leur exposition à des risques potentiellement systémiques, notamment dans un contexte où certaines attaques peuvent affecter simultanément un grand nombre d’organisations. Pour les entreprises, la question est plus directe : savoir dans quelles conditions elles sont réellement couvertes.
Dans ce contexte, le marché tend à se durcir. Les polices deviennent plus encadrées, les exclusions plus explicites et les conditions de souscription plus exigeantes. Mais cette évolution a un effet secondaire : une perte de lisibilité pour les assurés, qui doivent désormais analyser plus finement des contrats devenus techniques et parfois ambigus.
Au fond, ce que révèle la situation actuelle, c’est un décalage entre la nature des cyber risques diffus, évolutifs, difficiles à attribuer — et des cadres contractuels encore largement hérités d’une logique plus classique de l’assurance.
15/03/2026
En Afrique australe, la situation a également été très tendue. Une étude relayée par Reuters attribue les inondations catastrophiques observées depuis décembre 2025 à la combinaison de La Niña et du changement climatique. Les pays cités sont le Mozambique, l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et l’Eswatini, avec un bilan d’environ 200 morts et des centaines de milliers de personnes touchées.
Cette pression sur les territoires pousse aussi les outils de gestion des risques à évoluer. En janvier 2026, Madagascar est devenu le premier pays africain à souscrire à une assurance souveraine paramétrique contre les inondations, lancée par l’African Risk Capacity. L’objectif est de permettre un décaissement rapide en cas de catastrophe, sans attendre les procédures classiques d’évaluation des dommages.
Dans d’autres pays, l’enjeu se joue davantage sur la prévention. En République démocratique du Congo, le gouvernement a lancé début 2026 l’initiative “Early Warnings for All” avec l’appui des Nations unies, pour renforcer les systèmes d’alerte précoce face aux catastrophes. Cette initiative part d’un constat simple : dans une partie du continent, les systèmes d’alerte restent encore inexistants, fragmentés ou trop faibles pour être réellement efficaces.
À l’échelle continentale, les institutions financières tentent elles aussi de renforcer la réponse. La Banque africaine de développement a approuvé en octobre 2025 un don de 6 millions de dollars destiné à renforcer les capacités africaines en matière de gestion des risques de catastrophe et de financement du risque sur la période 2025-2026, via l’African Risk Capacity.
Au fond, l’actualité récente est assez claire. La gestion des risques en Afrique n’est plus un sujet périphérique. Entre le Kenya, Madagascar, la RDC et plusieurs pays d’Afrique australe, on voit la même réalité se dessiner. Les catastrophes deviennent plus fréquentes, les pertes plus lourdes, et les réponses doivent désormais s’organiser plus vite avec des outils plus adaptés.
05/03/2026
Cette nouvelle entité regroupe plusieurs marchés clés, dont le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Cameroun et le Gabon. L’objectif est clair : centraliser les décisions stratégiques et renforcer la cohérence des opérations sur ces zones.
Au-delà d’un simple ajustement organisationnel, ce repositionnement traduit une évolution plus profonde du secteur. Les groupes internationaux cherchent désormais à structurer leur présence en Afrique autour de pôles régionaux solides, capables de piloter à la fois la croissance et la gestion des risques.
Ce mouvement confirme que certains marchés africains ne sont plus seulement des terrains d’expansion, mais deviennent des centres de décision.
Le Maroc, en particulier, s’impose progressivement comme un hub stratégique pour l’assurance sur le continent, notamment grâce à son environnement réglementaire plus stable et à la maturité de son marché.
05/02/2026
La branche non-vie représente une part importante de cette activité, avec 386,8 milliards FCFA de primes, en progression de +7 %.
Sur une période plus longue, la tendance reste solide. En 2023, le marché avait déjà atteint environ 595 milliards FCFA de primes, représentant près de 29 % du marché FANAF, ce qui place la Côte d’Ivoire en tête dans la zone.
Malgré ces performances, la pénétration de l’assurance reste encore limitée, autour de 1,27 % du PIB, avec une prime moyenne d’environ 32 USD par habitant.
Le marché ivoirien est clairement l’un des plus structurés d’Afrique de l’Ouest.
Mais ces chiffres montrent surtout un décalage : un secteur qui progresse rapidement… mais qui touche encore une part limitée de la population.