Les actualités internationales de l'assurance et de les gestion des risques

Assurance vie: Le poids croissant du crédit privé sous surveillance

21/11/2025

Assurance vie: Le poids croissant du crédit privé sous surveillance

Un sujet prend de plus en plus de place dans les discussions entre régulateurs et acteurs du secteur s'agissant de la place du crédit privé dans les portefeuilles des assureurs vie.

Ces dernières années, dans un contexte de taux plus élevés et de recherche de rendement, de nombreux assureurs ont renforcé leur exposition à ce type d’actifs. Le crédit privé c’est-à-dire des financements accordés directement à des entreprises en dehors des marchés bancaires traditionnels — offre des rendements attractifs, mais avec des caractéristiques bien différentes des obligations classiques.

En 2024, les assureurs vie détenaient environ 849 milliards de dollars dans ce segment, ce qui représente une part significative du marché mondial.

Cette montée en puissance attire désormais l’attention des autorités. Début avril 2026, le Trésor américain a engagé des échanges avec plusieurs régulateurs internationaux afin d’évaluer plus précisément les implications de cette exposition croissante.

Trois points concentrent particulièrement les préoccupations :

  • la lisibilité des actifs, souvent moins standardisés et moins transparents que les instruments cotés
  • la liquidité, limitée en cas de besoin de cession rapide
  • les structures de financement, parfois complexes, avec des niveaux d’endettement élevés

Pour les assureurs, ces investissements répondent à une logique compréhensible : améliorer le rendement dans un environnement contraint. Mais pour les régulateurs, la question est différente. Elle porte sur la capacité du système à absorber un choc, notamment si plusieurs acteurs sont exposés de manière similaire à des actifs difficiles à valoriser ou à céder rapidement.

Le sujet n’est pas nouveau, mais il change d’échelle. Ce qui était encore perçu comme un segment de diversification devient progressivement un élément structurant des bilans de certains assureurs.

La vigilance des autorités traduit une préoccupation simple : éviter que des fragilités individuelles ne se transforment, en cas de tension, en un problème plus large pour le système financier.